Je me souviens

Je me souviens

Ah! Le ''Printemps Érable''! Ça restera un nom dont nos petits-enfants longtemps se souviendront.

Dans l'histoire du pays et des générations, c'est l'époque mémorable du grand soulèvement,
Où la fierté d'un peuple et l'exaspération ont voulu faire entendre la voix de la raison.

Des années d'un régime souillé de corruption, de mépris pour le peuple et ses aspirations,
Ont attisé la flamme de la révolution, causant agitation et insatisfaction.

Il fallut la jeunesse pour nous mobiliser, nous rappeler la sagesse et la maturité.

L'intérêt collectif prend la priorité sur l'intérêt privé dans notre société.

Déjà au mois de mars, des chaleurs jamais vues présageaient un printemps de changements imprévus.

C'est vraiment pas des farces, deux cent milles dans les rues, le message se passe, qu'en a-t-on retenu?

Les mesures budgétaires d'un parti corrompu ne font pas notre affaire, car ils nous laissent tout nus.

"Rouge comme notre colère"

Carrément dans le rouge, rouge comme notre colère, maintenant il faut que ça bouge, faut qu'on soit solidaires.

Les manifestations se sont multipliées en faisant preuve d'audace et d'imagination.

Les mobilisations convergent vers l'unité pour pouvoir faire la place à la voix d'une nation.

Un pernicieux Plan Nord, des puits de gaz de schiste, Desmarais, Québécor, sous un régime fasciste.

Des ministres à la solde de la mafia qui paie, un pays à rabais, tout cela à nos frais.

Ce régime indigeste au poivre de cayenne poussait au manifeste de la voix citoyenne.

La voix de nos artistes, professeurs, activistes, syndicats, journalistes, parents et étudiants.

Trois cent milles dans les rues pour le Jour de la Terre, c'était du jamais vu, le message était clair.

Nous demandons justice et plus de transparence, et pour notre pays une meilleure gérance.

Au congrès Libéral, la réponse brutale, violente et immorale, d'un gouvernement sale,
Prouva sans équivoque que ce gouvernement nous méprise et se moque de nous éperdument.

Quand leurs agitateurs sont les réels casseurs et que la propagande nous accuse et nous ment.

Qu'on se serve sans gêne de gaz lacrymogènes pour tenter de faire taire la grogne populaire,
Quand leur seul argument reste le matraquage, il est bien évident que le peuple s'enrage.

Que l'on relègue aux tribunaux ce grand débat d'enjeux sociaux,
Que l'on bombarde d'injonctions malgré les nombreuses objections,
Qu'on rajoute des interdictions, ou qu'on renforce la répression,
Une loi spéciale, même un bâillon, n'arrêtent pas la révolution.

Si notre droit de vote n'a plus valeur légale, serait-ce à coups de bottes qu'on chasse le Libéral? Ancêtres patriotes, Cavelier de La Salle, on vous a sacrifiés sur l'ignoble potence pour notre liberté et notre indépendance, nous vous faisons honneur avec persévérance. On ne peut plus reculer devant l'envahisseur qui ne cesse de brimer nos plus profondes valeurs, nos droits et libertés, et notre paix sociale, pour une tyrannie dite néo-libérale, où la démocratie fait place au capital.

Aux confins nord-américains, une terre d'eaux et de rivages, un grand pays au nom indien,
À la fois moderne et sauvage, élève sa voix, s'éveille enfin, pour prendre son destin en main.

De souche métisse, de langue française, d'ouverture internationale, un peuple jeune et mûrissant,
Dont la jeunesse est le moteur, avec un avenir prometteur, sans se soumettre aux promoteurs,
Pourra se dire durant longtemps:

''Je me souviens de ce printemps, érable et combien mémorable.''

 

Crédit photo: Mattis Savard

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